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Carnet du Chêne VertL’arbre et la haie du grand Ouest

Planter

Planter un chêne vert près de la maison : toiture, racines, distance

Aucune source consultée ne fixe une distance minimale entre un chêne vert et une maison. Trois points décident : la hauteur que l’arbre atteindra, la nature du sol, et ce que ses branches feront au-dessus du toit.

Chêne vert adulte à quelques mètres du pignon en pierre d’une maison de campagne, toit d’ardoise et gouttière visibles, une branche basse vers l’égout

Non, on ne peut pas donner une distance unique entre un chêne vert et une maison, et aucune des sources consultées pour ce carnet n’en fixe une. Ce qui se calcule, c’est la hauteur que l’arbre atteindra : la fiche ClimEssences situe la hauteur dominante potentielle à 40 ans entre 15 et 20 mètres dans les meilleures stations. À partir de là, trois questions se posent avant de creuser : que deviennent la toiture et les gouttières sous les branches, que fait le sol autour des fondations, et comment garder l’arbre à la taille voulue.

Que devient la toiture sous les branches d’un chêne vert ?

Un chêne vert garde son feuillage toute l’année. Il ne se met donc jamais à nu au-dessus du toit, et ses feuilles coriaces, comme ses glands à l’automne, finissent dans les chéneaux et les gouttières si les branches s’avancent vers l’égout. Une gouttière pleine déborde, et l’eau qui coule le long du mur au lieu de rejoindre la descente abîme l’enduit et la base de la façade.

Chéneau en zinc à moitié rempli de feuilles ovales et de glands de chêne vert tombés, branche feuillue au-dessus du bord d’un toit d’ardoise

Le premier réflexe est de regarder le toit depuis le sol, sans y monter, avant et après la saison des glands. Quelques photos de la couverture, de l’égout et de la descente suffisent pour savoir si un couvreur doit intervenir : à Aubagne, par exemple, Toitures de l’Huveaune étudie des photos de toiture en tuiles canal avant de venir sur place, puis rédige un devis gratuit. Le principe vaut partout : on documente, on fait examiner, et on décide ensuite de couper ou non les branches.

Le plus simple reste de ne jamais laisser une branche se développer au-dessus de la couverture. Un houppier qui touche le toit frotte les tuiles ou les ardoises par grand vent, retient l’humidité sur la couverture et dépose une litière que la pluie ne chasse pas toujours. On tient donc le tronc assez loin pour que la couronne adulte reste à côté du toit, pas dessus.

Le sol argileux pose-t-il un problème près des fondations ?

Oui, dans certains sols. Géorisques décrit les désordres des sécheresses intenses comme des tassements différentiels du sol de fondation, qui résultent des fortes différences de teneur en eau au droit des façades et, le cas échéant, de la végétation proche. La construction sinistrée caractéristique est, selon le même dossier, une habitation individuelle de plain-pied sur des fondations inadaptées, avec des arbres à proximité.

Un chêne vert prélève de l’eau avec un enracinement pivotant, ce que la fiche ClimEssences relie à sa bonne tenue au vent. Cela ne dit pas qu’il assèche le sol plus qu’un autre arbre, et aucune source consultée ne le compare aux autres essences. Cela dit seulement qu’un arbre adulte mobilise de l’eau autour de lui, et qu’un sol argileux se rétracte quand il s’assèche. Avant de planter près d’un mur, il vaut mieux savoir si le terrain est argileux, ce que la carte d’exposition de Géorisques indique à l’adresse.

Pour un sol qui n’est pas argileux, le risque pour les fondations est moindre, mais la prudence ne coûte rien : on plante le plus loin possible du mur, sur la face où l’arbre sera le plus utile, et l’on garde la place de son houppier adulte.

Quelle distance retenir en pratique ?

Faute de règle chiffrée, la méthode la plus sûre consiste à raisonner à partir de l’arbre adulte. On mesure la largeur que prendra le houppier à maturité, on ajoute la marge nécessaire pour qu’il ne touche ni le toit ni la façade, et l’on plante au-delà. Comme l’espèce démarre lentement, comme le décrit la plantation d’un chêne vert, l’erreur ne se voit pas la première année : elle apparaît dix ou quinze ans plus tard, quand l’arbre est trop grand pour l’endroit.

Une exception existe. En haie taillée basse, le chêne vert n’atteint jamais sa taille d’arbre, et une haie de deux mètres le long d’une terrasse ne menace pas la toiture. Le choix de la hauteur de la haie fixe alors sa distance aux voisins, comme l’explique la haie de chêne vert et la distance légale à la limite. Pour un arbre qui doit grandir, la limite du voisin compte autant que le mur de la maison.

Enfin, la station compte : les expositions chaudes et abritées, les abords de bâti qui restituent de la chaleur, conviennent à l’espèce dans l’Ouest, comme le rappelle la page sur le sol, l’exposition et les embruns. Un mur au sud est donc un bon voisin pour un jeune plant, tant que son futur houppier a de la place.

Comment garder l’arbre à la taille de son emplacement ?

Un chêne vert supporte la taille et repart de souche, ce qui permet de contenir sa hauteur plutôt que de le déplacer. La conduite en cépée ou en tête contenue est décrite dans la taille du chêne vert, avec les périodes où l’on évite d’intervenir. Tailler régulièrement et modérément vaut mieux que de rabattre un arbre devenu trop grand d’un seul coup.

Pour les branches qui avancent vers le toit, l’idéal est de les supprimer jeunes, quand elles sont fines et que la plaie reste petite. Une grosse branche au-dessus d’une couverture ne se coupe pas soi-même depuis une échelle : le travail relève d’un élagueur, parce que la chute d’un bois dur sur un toit fait plus de dégâts que la branche qu’on voulait retirer.

Que faire si le chêne vert est déjà trop proche de la maison ?

D’abord observer. Des fissures neuves sur la façade, des portes qui frottent ou une gouttière régulièrement pleine sont des signes à noter avec la date, et à montrer à un professionnel. Géorisques indique que, dans certains cas, la cause principale des désordres, par exemple un arbre trop proche, peut être supprimée à moindre frais, et les fissures rebouchées avec un enduit souple une fois l’état hydrique du sol revenu à l’équilibre.

Le même dossier cite parmi les mesures de gestion de la végétation la pose d’un écran anti-racines au droit des arbres trop proches de la maison, et l’entretien régulier de la végétation proche. Avant d’abattre, on regarde si l’une de ces solutions suffit. Abattre un arbre isolé n’obéit pas au régime de la déclaration préalable qui vise la destruction d’une haie, mais la règle locale peut s’appliquer : la mairie renseigne.

Si le problème vient de la toiture et non du sol, les mêmes photos du toit, de l’égout et de la descente guident le couvreur. Elles servent aussi à l’assureur si un dégât survient. On garde donc les images datées d’avant la saison des glands, c’est la meilleure pièce du dossier.

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